CONVOYAGE ST-MARTIN-GUADELOUPE
Journal de bord de Leporello
Qui a eu lieu du 20 au 27 janvier 2007


Équipage : Jocelyne Chrétien, Jean-Denis Boucher, Jacques Lespérance et Caroline Chrétien
Skipper : Guy Carpentier

Jour 01 : St-Martin à St-Barthélémy (distance 19 mn)
L'équipage est tout installé et somme déjà prêt à partir vers midi. La nouriture a été réglée en quelques heures ainsi que la douane, on appareille à midi.

Je décide de passer sous le vent de St-Martin soit du côté de St-Maarten même si cela rajoute quelques milles nautiques, nous avons convenu ainsi pour s'amariner. Nous atteignons St-Barthélémy en seulement 6 heures avec des pointes à 7 - 8 noeuds, le bateau file très bien et l'équipage est déjà à l'aise avec les manoeuvres même si ces dernières sont très limitées.

Seule Caroline a eu le mal de mer durant ce trajet (Gravol, dodo et eau).

L'arrivée à St-Barth est superbe et on sent que Jean-Denis et Jocelyne sont assez fébriles car ils ont vécu de belles vacances à cet endroit il y a plus de 25 ans. Ils s'étaient promis d'y revenir mais par la mer à la barre d’un voilier.

Chose promise, chose exaucé avec VSF ! ;-)


Nous ancrons vers 18h00 et célébrons avec un petit mousseux notre arrivée accompagnée d'un saumon cuit au four avec salade et riz... la vie est parfois si cruelle !

Au réveil, on va tous à terre afin de profiter de cette belle escale et pour ma part, j’en profite pour faire mes couriels via une connexion WIFI sous un palmier avec bien sûr la vue sur la mer... Quel bel environnement de travail !
L'équipage en force Plan de navigation















Jour 02 : St-Barthélémy à Névis (distance 56mn)
Superbe traversée avec des alizés très confortables soient 10-15 noeuds du Est-Nord-Est donc au bon plein - travers avec une houle de 1-2 mètres. Nous avons maintenu une vitesse de 6-7 noeuds avec pleine voilure ... vraiment grisant ! On a même fait des pointes de 8,5 noeuds et avons vu une superbe arc-en-ciel à la suite d'un passage d'un grain.

L'approche sous voile de Névis en longeant la côte NW fut de toute beauté avec la lumière du soleil couchant qui reflétait sur les palmiers de la plage, tout l'équipage est à contempler ce merveilleux cadeau de la nature.

On a ancré à Charletown vers 18h00 devant une plage avec en prime des palmiers tout le long de la plage. Jacques et Caroline ont préparé le souper avec un rôti de surlonge coupé en tranche et patate sur BBQ accompagné de pâte et bien sûr arrosé d'un vin rouge !




Jour 03 : Névis à Guadeloupe (distance 70mn)
Ce matin au lever, le soleil n’était pas présent, nous avons eu des grains à répétition durant toute la nuit et une autre superbe arc-en-ciel est venue se former à côté de notre mouillage. L’équipage a quand même pu profiter de la plage et s’y promener durant 1 heure ou deux.

Nous avions comme objectif le Montserrat mais étant donné que le vent venait du sud-est, on ne pouvait faire cap vers ce dernier et avons décidé de faire cap directement sur la Guadeloupe sachant que nous arriverons de nuit.

Le vent nous a un peu manqué et nous avons fait route avec grand-voile, génois et notre copain Yanmar afin de garder une bonne vitesse et cap. Nous avons jeté l’ancre à Deshaies vers minuit et savourons notre mouillage avec une petite bière.

On se couche vers 01h00 du matin avec plein d’étoile dans la tête et de bon souvenir de notre nuit. On a croisé juste en avant de notre mouillage, le voilier du club Med tout illuminé en plus de ces voiles... quel beau spectacle !

On a aussi vu une baleine, probablement une baleine à bosse, qui nous a fait un beau spectacle en faisant un saut hors de l’eau. Lors de notre passage devant le Monserat, on n'a tous ressenti une poussière de souffre qui nous affectait les yeux et on sentait aussi une forte odeur de souffre.

Faut dire que le Montserat était en éruption il y a 2 semaines et une bonne partie de l’île a été évacué, on a donc pas trop traîné dans le coin et avons mis le moteur pour avancer plus rapidement.

Jour 04 : Baie de Deshaies à l’Îlet de Pigeon (distance 8 mn)
Les vacances commencent ce matin car les distances à partir d’ici seront négligeables et nous auront plus de temps pour baignade et tourisme, ce que nous ferons durant tout l’après midi dans le magnifique Parc marin de Pigeon qui a été déclaré : Réserve nationale par Cousteau.

On a fait du superbe snorkeling et sommes allés faire le petit happy hour en regardant un magnifique coucher de soleil avec en arrière plan l’îlet de Pigeon...Quel spectacle agréable !

Jour 05 : Baie de Pigeon aux Saintes (distance 21mn)
Lever tôt ce matin car nous voulons profiter au maximum de notre prochaine escale soit les Saintes que tous ont bien hâte de voir. Tout au long de la côte, les vents auront été variables allant même à changer à 180 degrés, c’est ce qu’on appelle les effets de côte mais une fois passé la pointe de Basse Terre, un bon 25 noeuds nous attendait et nous obligera à faire du près avec plus de 20 degrés de gîte, on ne tardera pas à prendre 2 ris et réduire le génois afin de rendre cela plus confortable...surtout pour Jocelyne !

Comme on dit le malheur des un fait le bonheur des autres, la photo en dit long sur le plaisir des boys de barrer à plus 7 noeuds dans 25 noeuds de vent !

Nous arriverons sous voiles dans la magnifique baie des Saintes et irons mouiller dans la baie devant le village. Même si ça fait plus de 10 ans que je viens ici, j’en suis toujours estomaqué de voir toute cette splendeur s’ouvrir devant nous.

Le reste de l’après midi sera consacré à la visite pour le groupe et pour le skipper ça sera un changement d’huile qui l’attend...métier oblige !

En prime, un autre super coucher s’offre à nous !


Jour 06 : des Saintes à Gosier (distance 20mn)
Ce matin le vent est absent et la traversée sera une partie à la voile mais comme nous ne voulons pas arriver dans 2 jours, on décide de mettre le moteur et d’aller jeter l’ancre à l’Îlet de Gosier, un super petit îlot tout près du village de Gosier.

Durant la partie calme à la voile, Jacques initie sa copine à la voile et après un certain temps Caroline a le sourire aux lèvres et n’a plus sur le coeur et semble bien apprécier de barrer le voilier.

L’équipage profite de cette dernière escale pour aller faire du snorkeling et baignade et nous finirons la soirée à un bon petit resto pour arroser la fin ou presque du convoyage.
Jour 07 : Gosier à la marina de Pointe à Pitre (distance 3mn)
Cette escale sera bien sûr très courte mais bien rempli car nous avons que quelques heures pour faire les pleins de fuel et eau en plus de faire le ménage du bateau car nos avions sont vers 15h00.

Ça mets donc fin à ce super convoyage même si ce genre de convoyage ne reflète pas ceux que l’on fait au large mais sert souvent de prélude pour certains pour continuer leur apprentissage vers de lointains horizons. Je remercie nos 4 équipiers qui furent excellents et de bonne compagnie.


Texte : Guy Carpentier
Photo : Guy Carpentier et Jocelyne Chrétien

Y a bien longtemps que j'avais entendu parler des Bahamas comme étant un endroit superbe avec des plages à perte de vue et des eaux cristallines ! Ayant déjà convoyer des voiliers dans ces régions, j'étais resté sur mon appétit car je n'avais pas vraiment bien vu les Bahamas - en convoyage on ne visite pas...on bouffe des milles marin et on a peu de temps pour jouer aux touristes !

Doris et moi avons donc décidé d'aller rejoindre nos amis André et Carole sur leur Océanis 361 pour une semaine de voile afin de devenir des accrocs de ces lieux...et ça marché !

Nos amis Carole et André




Les plages...comment vous expliquer la beauté de ces eaux cristallines !

Comme on dit une image vaut mille mots !



Attention aux requins ! Mais selon un pêcheur rencontré, ils ne sont pas dangeureux mais bon, disons que si je faisais face à une de ces bêtes, je suis pas sûr que je lui ferais un sourire sans déguerpir !



Nous avons essayé d'attraper nos propres langoustes et poissons mais disons que ça sera pour la prochaine fois, ce qui fait que nous avons encouragé un pêcheur local en lui en achetant 3 pour 30$ plus 2 bières...big deal en comparer aux Antilles !



Les rencontres des autres navigateurs,aux Bahamas, sont très courantes ! On a donc été invités sur le voilier de Laval et Nicole à déguster ces langoustes et afin de faire passer toute cette merveileuse bouffe, Nicole nous avait préparé, imaginez- vous, une soirée Karaoke dans le cockpit...On s'est donc transformés, le ptit rhum aidant, à tour de rôle en Pavarotti, Elvis,la Bolduc, Paul Piché et j'en passe jusqu'aux petites heures du matin...pauvres voisins...et nos gorges !



Voilà donc nos 6 jours déjà écoulés et comme nous disait si bien André, 6 jours c'est pas asser c'est 10 minumum !

Et bien mon cher André, ça sera pas 10 jours mais 6 mois que ça nous prendrait pour découvrir toutes ces îles aussi belles les une que les autres.

Soyez donc pas surpris de voir un des voiliers de VSF offrir des stages dès l'hiver prochain afin de vous faire vivre de superbes vacances tel que nous les avons connues.

À voir nos sourires sur cette photo, vous allez tous comprendre que le meilleur remède au stress est un voilier et des plages, sans oublier, bien sûr, de bon amis !

Merci à André,Carole,Laval et Nicole de leurs gentilleses et surtout hospitalités et de nous avoir fait découvrir un ptit coin de paradis et la Kalik aussi (bière locale)



Texte : Guy Carpentier et Doris Champagne
Photo : Guy et Carole
Date : Du 20 au 27 janvier 2007

"LE REVE DU LARGE"
Journal personnel de Thierry Quénette
Convoyage Lac Champlain - St-Martin, 2005


Équipage: Thierry Quénette, Josée Roy, Jacques Lespérance

Tout à commencer par un rêve...

Un rêve du large, de grande étendue, de défi et d'aventure. Tester nos limites, le rêve de partir un jour sur notre propre voilier, c'est ce que nous allons expérimenter dans les prochains 30 jours.

Après 8 jours de voyagement sous la pluie, on arrive afin à New York, les portes de la mer sont devant nous. L'excitation est à son maximum... on s'arrête à Sandy Hook en attente de notre fenêtre météo. Pendant ce temps, on prépare les vivres pour nos prochaines 48 heures en mer afin de se rendre jusqu'à Norkfolk.

Notre première nuit en mer, c'est le temps de la pleine lune, cooool, c'est de toutes les beautés, un moment inoubliable pour chacun de nous!

Après la mer, l'intra-coastal, la rivière interne qui nous permettra de passer une zone difficile pour la navigation et à éviter à l'automne, le Cap Hateras. Arrivé à Beaufort, l'endroit de recueillement avant le vrai grand départ pour le large. C'est l'heure des grands préparatifs, provisions, dernières vérifications pour le bateau et discussion animées entre l'équipage ou reigne l'excitation et l'inquiétude.

Le départ se fait et les vagues sont vraiment impressionnantes, d'une grosseur comme on en a jamais vue. Certains "trippent" et d'autres la trouve plus dur... ouf... Pas toujours facile! Chaque journée est remplie d'aventure et passe d'une vitesse incroyable. Chacun prends son "beat", on s'acclimate à nos quarts de travail, soit 4 heures de travail (2 heures à la navigation et veille et 2 heures de barre) suivi de 4 heures de repos.

Les journées files et le climat se réchauffe de plus en plus. Les nuits sont d'une beauté incroyable, on voit des étoiles filantes à chaque 5 minutes, il y a tellement que l'on est à court de voeux. Mais malgré tout cela, la vigilance est de rigueur, car nous ne sommes pas les seuls sur l'eau, ne l'oublions pas...

Sans oublier les moments magiques passé à pêcher, à admirer les dauphins, à contempler les levées et coucher de soleil.

Le rêve...

Un certain matin, que voit-on... Terre! Terre! Joie pour certain et tristesse pour d'autres, le voyage qui tire à sa fin... On ne voudrait pas que ça se

La traversée fût magique, un très beau moment.

Bref ce voyage fût une aventure extraordinaire qui restera graver à jamais dans notre mémoire et qui nous à permis d'aller au bout de nos rêves en attendant le prochain départ.

Josée et Thierry
Convoyage de Blue Bayou, automne 2005


UNE NUIT 'ÉCLAIRÉE'
Journal personnel de François de Champlain
Convoyage St-Martin - Lac Champlain, 2006


Équipage: Francois de Champlain, Alain Langlois, Rainer Kistler, René Charland
Skipper:  Guy Carpentier

...Jour 11 en mer

Latitude      37°03'  Longitude 071°49'

Dans l'Atlantique Nord, au deux tiers de la route des Bermudes vers New York, passé le Gulf Stream.


22h22: Je me réveille en sursaut suite à un coup de tonnerre puis un autre, et un autre... J'entends le vent se lever brusquement et je perçois une fébrilité dans le cockpit. Rainer et René sont vite rejoint par Guy et un 3e ris est vite pris pour faire face à ce coup vent qui s'annonce.

Puis, plus rien...

Dans l'espace de quelques minutes, le vent est tombé. Rainer démarre le moteur pour manoeuvrer le bateau au travers des vagues qui frappent maintenant la coque sur le travers. Nous affalons rapidement les voiles. Malgré l'obscurité, on décèle une masse de nuages envahir le ciel devant nous. Un silence parmi l'équipage traduit une certaine inquiétude... Le sommeil au cours des deux derniers jours se compte au compte-goutte et la journée fut fort éprouvante dans le Gulf Stream.

Minuit: Je débute mon quart. Le ciel se fait de plus en plus menaçant. Les éclairs se multiplient avec une fréquence grandissante de minutes en minutes. Pour plus de sécurité, nous décidons de faire des quarts deux par deux et ce, même si cela impliquera des quarts de travail de quatre heures au lieu de deux.

1h30: Le spectacle que nous offre le ciel est aussi ferrique qu'inquiétant. Les éclairs sont maintenant partout autour de nous. À chaque azimut, les éclairs semblent se rapprocher de notre position. Guy éteint le feu de tête de mat et le maximum de l'électronique du bateau. Nous engageons le pilote automatique et essayons de prendre un cap vers une zone du ciel qui semble moins menaçante mais nous semblons cerné. Je trace une position sur la carte et on débranche le GPS et on le place dans le four en guise de cage de Faraday afin de le protéger en prévision d'un champ électromagnétique suite à un foudroiement potentiel. Nous y mettons aussi le Navtext pour la même raison. Guy ouvre l'Iridium ou le numéro de la garde côtière américaine y est préprogrammé.

Alain, Guy et moi sommes maintenant dans le cockpit et nous tachons de nous tenir loin de toutes surfaces conductrices. On attend dans le plus profond silence seul interrompu par le claquement des éclairs à l'horizon. Notre calme apparent cache mal une anxiété et une fébrilité grandissante. Nous n'avons jamais rien vue de tel auparavant. Dans le coup de vent ou la tempête, le marin expérimenté sent qu'il contrôle une partie de sa destinée mais devant un tel déchaînement de la nature, on ne peut que rester impuissant en espérant le mieux mais en se préparant au pire.

3h02: Une pluie violente et froide débute et le vent se lève rapidement. Il semble que nous passions une ligne de grains. Difficile de regarder en avant. Malgré le ciré que je porte, je sens la pluie froide me fouetter violemment le dos. Difficile également de lire le ciel étant donné la noirceur mais les éclairs qui se succèdent à une vitesse folle nous laissent voir d'énormes Cumulo-nimbus à l'horizon. On tente d'observer si une partie du ciel semble moins menaçant mais aucun cap ne semble plus invitant... La pluie continue furieusement et le vent s'anime de plus bel. Dans de tels moments, on pense aux petites choses de la vie pour lequel on paierait chers soit une toiture, un bain chaud, un lit douillet accueillant et stable... Toutes ces émotions nous aident toujours à remettre les choses en perspective. Comme quoi tout est relatif dans cette vie où l'on prend vite les petites choses et le bien-être du quotidien pour acquis.

3h40: Le temps semble enfin vouloir se calmer. Les éclairs qui durent maintenant depuis presque 6 heures semblent vouloir ralentir en intensité. Guy a la bonne idée de nous proposer une soupe chaude que nous acceptons avec joie. Momentanément, celle-ci vient contrecarrer le froid et l'humidité qui nous transperce la peau depuis des heures.

4h00: Fin de mon quart. Je retourne vers ma couchette avant avec un regard furtif et airant. Pour la première fois du convoyage je venais d'avoir peur et cette émotion combinée avec la fatigue des derniers jours me permettra de trouver le sommeil rapidement malgré une mer encore agitée.