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VOILE SANS FRONTIÈRE INC.

Spécialistes de la mer depuis 1995

 

CONVOYAGE ST-MARTIN-LAC CHAMPLAIN 15 mai au 7 juin 2007

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Journal de bord de Blue Bayou
Qui a eu lieu du 15 mai au 7 juin 2007.


Équipage : Robert Mitchell, Luc et Jean-Luc Meunier.
Skipper : Maurice Bazinet

Lisez le récit. Fichier PDF de 1 Mo.

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CONVOYAGE ST-MARTIN-GUADELOUPE 20-27 janvier 2007

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CONVOYAGE ST-MARTIN-GUADELOUPE
Journal de bord de Leporello
Qui a eu lieu du 20 au 27 janvier 2007


Équipage : Jocelyne Chrétien, Jean-Denis Boucher, Jacques Lespérance et Caroline Chrétien
Skipper : Guy Carpentier

Jour 01 : St-Martin à St-Barthélémy (distance 19 mn)
L'équipage est tout installé et somme déjà prêt à partir vers midi. La nouriture a été réglée en quelques heures ainsi que la douane, on appareille à midi.

Je décide de passer sous le vent de St-Martin soit du côté de St-Maarten même si cela rajoute quelques milles nautiques, nous avons convenu ainsi pour s'amariner. Nous atteignons St-Barthélémy en seulement 6 heures avec des pointes à 7 - 8 noeuds, le bateau file très bien et l'équipage est déjà à l'aise avec les manoeuvres même si ces dernières sont très limitées.

Seule Caroline a eu le mal de mer durant ce trajet (Gravol, dodo et eau).

L'arrivée à St-Barth est superbe et on sent que Jean-Denis et Jocelyne sont assez fébriles car ils ont vécu de belles vacances à cet endroit il y a plus de 25 ans. Ils s'étaient promis d'y revenir mais par la mer à la barre d’un voilier.

Chose promise, chose exaucé avec VSF ! ;-)


Nous ancrons vers 18h00 et célébrons avec un petit mousseux notre arrivée accompagnée d'un saumon cuit au four avec salade et riz... la vie est parfois si cruelle !

Au réveil, on va tous à terre afin de profiter de cette belle escale et pour ma part, j’en profite pour faire mes couriels via une connexion WIFI sous un palmier avec bien sûr la vue sur la mer... Quel bel environnement de travail !
L'équipage en force Plan de navigation















Jour 02 : St-Barthélémy à Névis (distance 56mn)
Superbe traversée avec des alizés très confortables soient 10-15 noeuds du Est-Nord-Est donc au bon plein - travers avec une houle de 1-2 mètres. Nous avons maintenu une vitesse de 6-7 noeuds avec pleine voilure ... vraiment grisant ! On a même fait des pointes de 8,5 noeuds et avons vu une superbe arc-en-ciel à la suite d'un passage d'un grain.

L'approche sous voile de Névis en longeant la côte NW fut de toute beauté avec la lumière du soleil couchant qui reflétait sur les palmiers de la plage, tout l'équipage est à contempler ce merveilleux cadeau de la nature.

On a ancré à Charletown vers 18h00 devant une plage avec en prime des palmiers tout le long de la plage. Jacques et Caroline ont préparé le souper avec un rôti de surlonge coupé en tranche et patate sur BBQ accompagné de pâte et bien sûr arrosé d'un vin rouge !




Jour 03 : Névis à Guadeloupe (distance 70mn)
Ce matin au lever, le soleil n’était pas présent, nous avons eu des grains à répétition durant toute la nuit et une autre superbe arc-en-ciel est venue se former à côté de notre mouillage. L’équipage a quand même pu profiter de la plage et s’y promener durant 1 heure ou deux.

Nous avions comme objectif le Montserrat mais étant donné que le vent venait du sud-est, on ne pouvait faire cap vers ce dernier et avons décidé de faire cap directement sur la Guadeloupe sachant que nous arriverons de nuit.

Le vent nous a un peu manqué et nous avons fait route avec grand-voile, génois et notre copain Yanmar afin de garder une bonne vitesse et cap. Nous avons jeté l’ancre à Deshaies vers minuit et savourons notre mouillage avec une petite bière.

On se couche vers 01h00 du matin avec plein d’étoile dans la tête et de bon souvenir de notre nuit. On a croisé juste en avant de notre mouillage, le voilier du club Med tout illuminé en plus de ces voiles... quel beau spectacle !

On a aussi vu une baleine, probablement une baleine à bosse, qui nous a fait un beau spectacle en faisant un saut hors de l’eau. Lors de notre passage devant le Monserat, on n'a tous ressenti une poussière de souffre qui nous affectait les yeux et on sentait aussi une forte odeur de souffre.

Faut dire que le Montserat était en éruption il y a 2 semaines et une bonne partie de l’île a été évacué, on a donc pas trop traîné dans le coin et avons mis le moteur pour avancer plus rapidement.

Jour 04 : Baie de Deshaies à l’Îlet de Pigeon (distance 8 mn)
Les vacances commencent ce matin car les distances à partir d’ici seront négligeables et nous auront plus de temps pour baignade et tourisme, ce que nous ferons durant tout l’après midi dans le magnifique Parc marin de Pigeon qui a été déclaré : Réserve nationale par Cousteau.

On a fait du superbe snorkeling et sommes allés faire le petit happy hour en regardant un magnifique coucher de soleil avec en arrière plan l’îlet de Pigeon...Quel spectacle agréable !

Jour 05 : Baie de Pigeon aux Saintes (distance 21mn)
Lever tôt ce matin car nous voulons profiter au maximum de notre prochaine escale soit les Saintes que tous ont bien hâte de voir. Tout au long de la côte, les vents auront été variables allant même à changer à 180 degrés, c’est ce qu’on appelle les effets de côte mais une fois passé la pointe de Basse Terre, un bon 25 noeuds nous attendait et nous obligera à faire du près avec plus de 20 degrés de gîte, on ne tardera pas à prendre 2 ris et réduire le génois afin de rendre cela plus confortable...surtout pour Jocelyne !

Comme on dit le malheur des un fait le bonheur des autres, la photo en dit long sur le plaisir des boys de barrer à plus 7 noeuds dans 25 noeuds de vent !

Nous arriverons sous voiles dans la magnifique baie des Saintes et irons mouiller dans la baie devant le village. Même si ça fait plus de 10 ans que je viens ici, j’en suis toujours estomaqué de voir toute cette splendeur s’ouvrir devant nous.

Le reste de l’après midi sera consacré à la visite pour le groupe et pour le skipper ça sera un changement d’huile qui l’attend...métier oblige !

En prime, un autre super coucher s’offre à nous !


Jour 06 : des Saintes à Gosier (distance 20mn)
Ce matin le vent est absent et la traversée sera une partie à la voile mais comme nous ne voulons pas arriver dans 2 jours, on décide de mettre le moteur et d’aller jeter l’ancre à l’Îlet de Gosier, un super petit îlot tout près du village de Gosier.

Durant la partie calme à la voile, Jacques initie sa copine à la voile et après un certain temps Caroline a le sourire aux lèvres et n’a plus sur le coeur et semble bien apprécier de barrer le voilier.

L’équipage profite de cette dernière escale pour aller faire du snorkeling et baignade et nous finirons la soirée à un bon petit resto pour arroser la fin ou presque du convoyage.
Jour 07 : Gosier à la marina de Pointe à Pitre (distance 3mn)
Cette escale sera bien sûr très courte mais bien rempli car nous avons que quelques heures pour faire les pleins de fuel et eau en plus de faire le ménage du bateau car nos avions sont vers 15h00.

Ça mets donc fin à ce super convoyage même si ce genre de convoyage ne reflète pas ceux que l’on fait au large mais sert souvent de prélude pour certains pour continuer leur apprentissage vers de lointains horizons. Je remercie nos 4 équipiers qui furent excellents et de bonne compagnie.


Texte : Guy Carpentier
Photo : Guy Carpentier et Jocelyne Chrétien

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Convoyage St-Barthélémie-Antigua

Published 12/2/2006 by clafrance in Convoyage
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Enfin, la méteo plus clémente et parce que les locataires m'attendent, j'ai quitté le 3 décembre au matin pour Antigua. J'ai bien aimé St-Barths. Le convoyage a été super. J'ai repris gout. En effet, la première partie (St-Martin-St-Barth) a été pénible (mer courte, forte et violent grains, et mal de mer) et m'ont un peu secoué.

J'anticipais un peu au départ du 3 décembre, mais la mer a été belle et les nuages de toutes beautés. De plus, Lucky Lady, avec ses 7-8 nds faciles, ont rendu plaisant le passage des vagues et de la houle.


video


Voyez le vidéo (14Mo)...

J'ai vu plusieurs poissons volants, pas de dauphin, 2 grands voiliers de 70-80' (qui m'ont rattrapé).

Parti vers 06h45 AM pour arriver vers 20h30 à Antigua, avec la pleine lune pour me guider dans l'entrée de Falmouth Harbor.

Christian


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Le rêve du large - Josée Roy, Thierry Quénette

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"LE REVE DU LARGE"
Journal personnel de Thierry Quénette
Convoyage Lac Champlain - St-Martin, 2005


Équipage: Thierry Quénette, Josée Roy, Jacques Lespérance

Tout à commencer par un rêve...

Un rêve du large, de grande étendue, de défi et d'aventure. Tester nos limites, le rêve de partir un jour sur notre propre voilier, c'est ce que nous allons expérimenter dans les prochains 30 jours.

Après 8 jours de voyagement sous la pluie, on arrive afin à New York, les portes de la mer sont devant nous. L'excitation est à son maximum... on s'arrête à Sandy Hook en attente de notre fenêtre météo. Pendant ce temps, on prépare les vivres pour nos prochaines 48 heures en mer afin de se rendre jusqu'à Norkfolk.

Notre première nuit en mer, c'est le temps de la pleine lune, cooool, c'est de toutes les beautés, un moment inoubliable pour chacun de nous!

Après la mer, l'intra-coastal, la rivière interne qui nous permettra de passer une zone difficile pour la navigation et à éviter à l'automne, le Cap Hateras. Arrivé à Beaufort, l'endroit de recueillement avant le vrai grand départ pour le large. C'est l'heure des grands préparatifs, provisions, dernières vérifications pour le bateau et discussion animées entre l'équipage ou reigne l'excitation et l'inquiétude.

Le départ se fait et les vagues sont vraiment impressionnantes, d'une grosseur comme on en a jamais vue. Certains "trippent" et d'autres la trouve plus dur... ouf... Pas toujours facile! Chaque journée est remplie d'aventure et passe d'une vitesse incroyable. Chacun prends son "beat", on s'acclimate à nos quarts de travail, soit 4 heures de travail (2 heures à la navigation et veille et 2 heures de barre) suivi de 4 heures de repos.

Les journées files et le climat se réchauffe de plus en plus. Les nuits sont d'une beauté incroyable, on voit des étoiles filantes à chaque 5 minutes, il y a tellement que l'on est à court de voeux. Mais malgré tout cela, la vigilance est de rigueur, car nous ne sommes pas les seuls sur l'eau, ne l'oublions pas...

Sans oublier les moments magiques passé à pêcher, à admirer les dauphins, à contempler les levées et coucher de soleil.

Le rêve...

Un certain matin, que voit-on... Terre! Terre! Joie pour certain et tristesse pour d'autres, le voyage qui tire à sa fin... On ne voudrait pas que ça se

La traversée fût magique, un très beau moment.

Bref ce voyage fût une aventure extraordinaire qui restera graver à jamais dans notre mémoire et qui nous à permis d'aller au bout de nos rêves en attendant le prochain départ.

Josée et Thierry
Convoyage de Blue Bayou, automne 2005


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Une nuit "éclairée" - passage intriguant

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UNE NUIT 'ÉCLAIRÉE'
Journal personnel de François de Champlain
Convoyage St-Martin - Lac Champlain, 2006


Équipage: Francois de Champlain, Alain Langlois, Rainer Kistler, René Charland
Skipper:  Guy Carpentier

...Jour 11 en mer

Latitude      37°03'  Longitude 071°49'

Dans l'Atlantique Nord, au deux tiers de la route des Bermudes vers New York, passé le Gulf Stream.


22h22: Je me réveille en sursaut suite à un coup de tonnerre puis un autre, et un autre... J'entends le vent se lever brusquement et je perçois une fébrilité dans le cockpit. Rainer et René sont vite rejoint par Guy et un 3e ris est vite pris pour faire face à ce coup vent qui s'annonce.

Puis, plus rien...

Dans l'espace de quelques minutes, le vent est tombé. Rainer démarre le moteur pour manoeuvrer le bateau au travers des vagues qui frappent maintenant la coque sur le travers. Nous affalons rapidement les voiles. Malgré l'obscurité, on décèle une masse de nuages envahir le ciel devant nous. Un silence parmi l'équipage traduit une certaine inquiétude... Le sommeil au cours des deux derniers jours se compte au compte-goutte et la journée fut fort éprouvante dans le Gulf Stream.

Minuit: Je débute mon quart. Le ciel se fait de plus en plus menaçant. Les éclairs se multiplient avec une fréquence grandissante de minutes en minutes. Pour plus de sécurité, nous décidons de faire des quarts deux par deux et ce, même si cela impliquera des quarts de travail de quatre heures au lieu de deux.

1h30: Le spectacle que nous offre le ciel est aussi ferrique qu'inquiétant. Les éclairs sont maintenant partout autour de nous. À chaque azimut, les éclairs semblent se rapprocher de notre position. Guy éteint le feu de tête de mat et le maximum de l'électronique du bateau. Nous engageons le pilote automatique et essayons de prendre un cap vers une zone du ciel qui semble moins menaçante mais nous semblons cerné. Je trace une position sur la carte et on débranche le GPS et on le place dans le four en guise de cage de Faraday afin de le protéger en prévision d'un champ électromagnétique suite à un foudroiement potentiel. Nous y mettons aussi le Navtext pour la même raison. Guy ouvre l'Iridium ou le numéro de la garde côtière américaine y est préprogrammé.

Alain, Guy et moi sommes maintenant dans le cockpit et nous tachons de nous tenir loin de toutes surfaces conductrices. On attend dans le plus profond silence seul interrompu par le claquement des éclairs à l'horizon. Notre calme apparent cache mal une anxiété et une fébrilité grandissante. Nous n'avons jamais rien vue de tel auparavant. Dans le coup de vent ou la tempête, le marin expérimenté sent qu'il contrôle une partie de sa destinée mais devant un tel déchaînement de la nature, on ne peut que rester impuissant en espérant le mieux mais en se préparant au pire.

3h02: Une pluie violente et froide débute et le vent se lève rapidement. Il semble que nous passions une ligne de grains. Difficile de regarder en avant. Malgré le ciré que je porte, je sens la pluie froide me fouetter violemment le dos. Difficile également de lire le ciel étant donné la noirceur mais les éclairs qui se succèdent à une vitesse folle nous laissent voir d'énormes Cumulo-nimbus à l'horizon. On tente d'observer si une partie du ciel semble moins menaçant mais aucun cap ne semble plus invitant... La pluie continue furieusement et le vent s'anime de plus bel. Dans de tels moments, on pense aux petites choses de la vie pour lequel on paierait chers soit une toiture, un bain chaud, un lit douillet accueillant et stable... Toutes ces émotions nous aident toujours à remettre les choses en perspective. Comme quoi tout est relatif dans cette vie où l'on prend vite les petites choses et le bien-être du quotidien pour acquis.

3h40: Le temps semble enfin vouloir se calmer. Les éclairs qui durent maintenant depuis presque 6 heures semblent vouloir ralentir en intensité. Guy a la bonne idée de nous proposer une soupe chaude que nous acceptons avec joie. Momentanément, celle-ci vient contrecarrer le froid et l'humidité qui nous transperce la peau depuis des heures.

4h00: Fin de mon quart. Je retourne vers ma couchette avant avec un regard furtif et airant. Pour la première fois du convoyage je venais d'avoir peur et cette émotion combinée avec la fatigue des derniers jours me permettra de trouver le sommeil rapidement malgré une mer encore agitée.


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Convoyage Ukulu - Martinique à Halifax

Published 5/6/2005 by gcarpentier in Convoyage | Voilier acier

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CONVOYAGE D'UKULU Journal de bord d’Ukulu
Martinique - Bermudes - Halifax


Équipage: Robert Hétu, Pierre Côté, Denyse Beaudry
Skipper:  Guy Carpentier

1ère partie - Martinique aux Bermudes

Jour 01 Marin à St-Anne
Après plusieurs jours de préparation sur Ukulu, mon équipage arrive chargé comme des sherpas, il faut dire que je leurs ai fait monter beaucoup de stock. Le sommeil ne tardera pas après le rangement de tout ce stock et d’un souper.

Dimanche matin, nous bouclons l’épicerie en quelques heures, à quatre, et quittons aller mouillé dans la baie de St-Anne pour prendre un peu de bon temps avant le départ pour les Saintes.

Jour 02 St-Anne aux Saintes en Guadeloupe 120 mn.
La traversée c’est très bien passée, Ukulu répond bien à la barre et on sent ses 14 tonnes se déplacé avec une certaine aisance. La mer est forte, court et dure ce qui rend la vie à bord pénible mais on s’y adapte assez rapidement. Le vent est 25-30 noeuds du SE ce qui nous donne un vent de travers et parfois grand largue. Denyse mets à profit ses qualités de grande cuisinière pour nous faire deux magnifiques et surtout délicieux pain de blé que nous dévorons presque que sur-le-champ.

L’arrivée se fera le lendemain midi suivra baignade et repos.

Jour 03 Les Saintes à St-Martin 155mn.
Encore là une traversée assez dure à cause des vents de 25-30 nœuds constants et de la mer qui est courte et rapide, ce qui nous demande beaucoup d’attention à la barre et rend la vie à bord un peu dur comme le démontre la photo suivante.

L’arrivée se fera le lendemain vers 16h00.  Nous jetons l’ancre juste devant le pont levant qui nous permettra d’aller dans le lagon, le pont devrait ouvrir vers 17h30.


Jour 04 et 05  Préparatif dans le lagon
Robert a prit en charge de monter la liste d’épicerie au complet, il sera secondé par Denyse. 

Durant que Robert et Denyse s’occupe d’aller faire l’épicerie, moi et Pierre faisons une vraie course contre la montre pour s’occuper du bateau.  Nous parcourons à plusieurs reprises l’aller retour entre l’usine qui remplie le propane et le bateau.  Heureusement que nous avons un chariot pour apporter le réservoir de propane de 40 lbs.  Une fois cette tâche finit, nous courons aller prendre l’autobus pour aller à Marigot pour récupérer mon nouvel enrouleur et éolienne.  Pierre profite des bons prix pour en acheter une pour son bateau.  Nous retournons au bateau en taxi exténué dû à la chaleur  et à la course folle que nous venons de faire.

Robert et Denyse arrivent vers 18h00 du supermarché, eux aussi exténué par cette tâche ardue.  Commence le classement de la bouffe qui nous demande quelques heures.  Enfin tout est finit, nous devrions quitter demain en pm pour aller à Marigot pour profiter de notre dernière escale avant la première traversée.



Jour 06 et 07
Après avoir fait le plein d’eau 600 litres et le plein de fuel 500 litres nous quittons le lagon pour aller mouiller dans la baie de Marigot.  Nous y jetons l’ancre vers 19h00.  Nous décidons d’aller manger au resto.  Nous passons une très belle soirée. Et revenons vers 10h00 fatiguer des derniers préparatifs.

Jour 08 départ pour les Bermudes 144 mn
Enfin, nous y voilà après plusieurs jours de préparatif nous sommes prêts à nous lancer dans cette belle aventure.  Nous levons l’ancre vers 13h00 et amarrons l’annexe sur le pont. 

Une petite brise du Sud-Est environ 15 nœuds, nous pousse vers notre prochaine destination à quelques 850 mn soit les Bermudes  et le soleil est bien sûr de la partie.  Un départ comme seul les Antilles peuvent nous offrir.

Nous devrions avoir ce temps pour les 4 prochains jours soit jusqu’au Horse Latitude.  Cela va donner le temps de bien s’amariner avant la deuxième partie qui devrait être un peu plus dur.

Après quelques heures de se rythme, je décide d’étendre mes trois lignes à pêche dès fois que….  À ma grande surprise la ligne montée sur le moulinet par en folie, comme je suis néophyte en la matière, je m’interroge sur l’action à faire, hélas,  il est trop tard quand je prends la ligne, le méchant poisson a tout brisé.  Je remonte donc ce qui reste de ma ligne et ré-installe un autre leurre mais cette fois ci avec plus de conviction sur l’action à prendre en cas de touche. 

Aussitôt que je remets la ligne à l’eau la revoilà partie en folie.  Mais cette fois ci je manipule la ligne avec plus de précision et après un combat de 30 minutes, la prise abandonne et c’est ainsi que je viens d’attraper mon premier thon bleu .  

 

Après l’avoir vidé et nettoyer selon une méthode que j’invente au fur à mesure, mon frère et ma mère ricaneraient bien de me voir ainsi avec le poisson, mais je dois avouer être assez fier du résultat une fois dans nos assiettes accompagnées d’une bonne bouteille de vin….comme quoi la vie peut être formidable sur la mer !

Pour couronner le tout, nous naviguerons toute la nuit avec la pleine lune, formidable !!! Mais on va sûrement payer pour ça plus tard !!!!

Jour 09   134 mn
Une autre belle journée avec les alizés et le soleil omniprésent.  L’équipage est un peu au ralentie avec la chaleur et l’humidité qui règne à bord.  On n’a pas le goût de rien faire juste dormir.  Les quarts sont établis de la façon suivante : 2 heures de barre et 6 heures de repos.  Et je crois que c’est le fait de passer à un état très actif à un état presque végétatif,  nos fatigues accumulées ressortent et nous mettent dans un état légumes.  Cela devrait se replacer d’ici quelques jours.  Robert a eu le mal de mer durant son quart de soirée et je le laisse dormir jusqu’au lendemain afin qu’il reprenne des forces, ce qui fait avec grand succès.  Au souper nous avons mangé un sauté au poulet avec amandes, noix et raisins préparé par Robert.

Jour 10 160mn super !!!
Nous venons de franchir avec cette superbe distance la moitié du parcours, si tout va bien ont devrait atteindre les Bermudes d’ici trois.  C’est vraiment enivrant ce convoyage, depuis notre départ de St-Martin, nous filons un vent de 10-17 nœuds et en prime de travers  ce qui rend la vie à bord agréable.

L’équipage a prit le beat du convoyage, l’équipage se porte bien on s’habitue avec la chaleur et tous s’occupons  à divers trucs comme la lecture, écouté la musique, manger et bien sûr l’écriture.  À chacun son beat !

C’est un vrai plaisir de naviguer sur UKULU, je crois que ça va être un bon bateau qui correspondra mieux à notre programme de navigation avec toute la famille.  Il est agréable à barrer même avec ses 14 tonnes et 44’.  Il est très doux à la barre et confortable en mer, il aura besoin de quelque modification intérieure mais rien de majeur. 

Jour 11  133 mn

Rien de particulier, comme on pourrait dire tout baigne dans ….l’eau !  Au souper Denyse nous a préparé un délicieux macaroni à la béchamel gratinée au four et bien sûr avec un petit verre de rouge.  Le vent est vraiment constant 10-15 du  secteur Est et nous filons toujours à 5-6 nœuds, ce qui est remarquable pour Ukulu qui pèse près de 24 000 lbs.  Ce soir j’ai regardé un film sur le portable (DVD), c’est le cadeau que j’ai eu de ma petite famille pour la fête des pères.  C’est bien agréable de pouvoir visualiser un film en pleine mer dans sa couchette.  Vive la technologie…! Mais pas trop !!!.

Nous devrions, à ce rythme là,  atteindre les Bermudes samedi où dimanche, ce qui serait bien ça va nous laisser un peu de répit avant de faire la dernière section.  Et en plus j’aurai fait le record en 7 jours ça serait bien pour une première traversée avec Ukulu.

Jour 12 130 mn
Une autre journée qui se ressemble un peu comme le film le jour de la marmotte.  On a l’impression de toujours recommencer les mêmes choses à tous les matins, seul le gps nous indique que nous avançons…heureusement !  Notre souper a été préparé par Robert, couscous avec saucisse italienne.  Le vent nous abandonne petit à petit, nous quittons la zone des alizés et serons bientôt dans la zone des Horse Latitudes, zone d’accalmie qui se situ près des Bermudes. 

Nous aurons sûrement besoin de l’aide de notre ami Volvo

Nous avons, ou plutôt j’ai échappé  une magnifique dorade en voulant la mettre dans le bateau, elle s’est décroché juste à quelques pouces du tableau arrière et ce n’est pas une histoire de pêcheur !  C’est Pierre qui l’avait travaillé fort pour la ramener jusqu’au bateau.   Bien déçu mais c’est ça la vie de débutant pêcheur.  On va apprendre et croyez-moi rapidement !  

Jour 13 120 mn au moteur !!!
Tel que prévu, notre copain Volvo a prit  la relève depuis hier en après-midi.  Comme nous sommes maintenant dans la zone de haute pression il fallait bien s’y attendre !  On a mit le pilote automatique afin de ne pas être obliger de barrer au moteur.

Il a fait très chaud, n’ayant pas de vent nous nous cachons les 4 sous le bimini, il faut bien avoir un 44’ pour aller s’isoler sur 2 mètres carrés !!!.  Tous rêvent de crèmes glacées ou même de neige…pour quelques minutes !!!

Au souper Robert nous a fait des côtelettes de porc aux champignons avec des petites patates.   On a faillit manger une dorade, on a encore échappé une autre…décidément on va finir par acheter des croquettes congelées !!!

Nous devrions atteindre les Bermudes demain.  On a bien hâte !

Nous venons tout juste de voir un banc de dauphin qui est venu jouer avec le voilier, c’est toujours  le fun de les voir plongés et sautés en avant du voilier.

Jour 14  Arrivée au Bermudes à 11h00 le 30 juin 2002
Il nous aura fallu 6 jours 22 heures, on peut donc simplifier et dire7 jours.  Ça aura donc été une traverse très rapide si je compare aux autres. L’équipage est fort heureux de mettre pied à terre et surtout de fermer le moteur qui fonctionnait depuis 50 heures.

Nous allons tous faire les douanes, à l’air climatisé, quel  luxe !  Nous demandons si on ne pourrait pas y dormir mais bon….!

Demain la journée sera off pour tous sauf bien sûr le skipper.  Je dois revoir certains trucs sur le bateau et surtout me reposer un peu.

Bien voilà, j’espère que le journal de bord vous aura plu et je vous remercie d’avoir pris le temps de lire.

Nous quittons mardi soit le 2 juillet pour Halifax à quelques 744 mn au nord. 



2ième partie - Bermudes à Halifax

Finalement, nous nous sommes accordés 3 jours de repos au lieu de 2 afin de mieux profiter de cette escale et refaire le plein d’énergie avant d’entreprendre la section suivante, qui à mon avis,  devrait être plus dure à cause des systèmes dépressionnaires.

Après avoir fait les pleins de fuel et d’eau nous sommes parties par une belle journée mais très humide, selon l’hygromètre du bateau, il y a 90% d’humidité. 

Nous en avons profité pour aussi faire de la bouffe d’avance en cas de mauvais temps.  Nous avons refait du pain mais cette fois-ci c’est le capitaine qui l’a fait et avec en plus une variante soit raisin et cannelle.  Robert a fait une grosse salade de légumineuse tandis que Denyse et Pierre ont fait sandwiches et muffins aux raisins et bananes

Départ le mercredi 2 juillet à 13h00 

Jour 01 138  mn
Une petite brise du secteur sud-ouest nous aura permis de faire une bonne route et de faire du millage.  Force 3-4.  Tout le monde reprend son « beat » : boulot-dodo.  La nuit se passe bien mais cette fois-ci sans lune, ce qui donne une toute autre dimension à la navigation de nuit.   

Jour 02  132 mn
Comme prévu, nous payons pour le beau temps que nous ayons eu dans l’autre section.  Nous sommes dans le secteur chaud de la dépression avec des vents du secteur sud ouest. De force 4-5 augmentant à 7 (30 nœuds)  avec des creux de 4-5 mètres.  La vague est très forte et nous fait rouler terriblement et là je n’exagère pas.  Comme par exemple trois pots de farine qui ont fait un vol plané de 5 pieds pour atterrir dans le lavabo, heureusement qu’ils ne sont pas ouverts durant leurs vols.  Pierre a reçu la table du carré sur une jambe et deux tiroirs se sont vidés dans le carré.  L’intérieur avait l’air d’une vraie chambre d’ado dans leur pire passe !  Le bordel quoi !

L’équipage est impressionné par la hauteur et la force des vagues, malgré tout cela le bateau se comporte bien.  Nous avons mis trois ris, trinquette et un peu de génois.  Nous avons fait 13.5 nœuds en surf sur une vague à un moment donné,  sinon on maintient une vitesse de 7-8 nœuds.  On appréhende la nuit !  

 Nous vous fier pas au sourire de Robert, c’est juste pour la photo !

Denyse réussi à nous faire un super de bon souper soit du poulet avec riz dans une sauce aux champignons.  Cela va nous garder l’estomac plein pour la nuit.

Durant le quart de Pierre (2-4 du matin) des grains sans arrêt se succédèrent avec de la grosse pluie, Pierre en aura pour son compte !  C’est le passage du front froid qui a amené tous ces grains, le vent passe au nord-ouest un peu plus tard .

Le vent va tomber vers 4 heures du matin sur le quart de Denyse .

Heureusement que nous avons subit ce coup de vent par l’arrière, nous avons pu ainsi faire route avec de belle vitesse, ça aurait  été une autre histoire si nous l’avions eu dans le pif.  Il reste que malgré les vagues, les grains, le vent,  le roulis, l’inquiétude de la nuit qui approche et malgré l’inconfort de l’intérieur, je me sens privilégié d’être dans ce décor et vivre au vraie sens de la vie.  C’est dans ces moments que la tête se remplit de plein de beaux souvenirs et de projet set qui par la suite nous donne une raison de les réaliser.

Jour 03 118 mn
Encore toute la journée,  la mer sera forte ainsi que le vent.  Un drôle de phénomène s’est produit cette nuit.  Alors que nous avions l’impression d’avancé à 6-7 kn, le GPS indiquait une vitesse de fond de 1-2 kn.  Un courant peut-être ou je ne sais quoi !  Rien d’autre de particulier à dire pour cette journée là.

Jour 04  La tempête

Je ne sais par ou commencer tellement il s’est passé des choses dans ces 24 heures.  Mais je vais commencer par le début.  Durant la nuit la mer est restée forte ainsi que le vent.  Depuis le départ des Bermudes, personne n’a vraiment bien dormi avec le roulis.

À notre réveil tous ont l’air épuisé et le moral un peu bas.  Heureusement le soleil est de la partie et va grandement aider à remonter le moral des troupes.  Le vent et la mer sont devenus plus maniables et rendent donc la vie plus paisible.

À la tombée de la nuit, je demande aux gens d’être à deux dans le cockpit, j’ai comme un pré-sentiment, qui ne tardera pas à se concrétiser, qu’il va y avoir du mauvais temps.  

Vers 23 heures, c’est le début  de la nuit de cauchemar. Le vent est passé de 10 kn à 40 puis 50 et finalement aux alentours de 60 nœuds et cela durant une bonne heure.  La pagaille est sur le pont, j’attribue des tâches à tous et chacun pour éviter la casse.  Denyse est à la barre et maîtrise bien la situation, nous sommes en fuite  avec un mouchoir juste pour se gouverner mais à un moment donné on ne contrôle plus rien le vent est tellement fort que nous devons crier même si nous sommes à 2 pieds l’un de l’autre.  Le bateau file à une vitesse folle juste avec le fardage du vent sur le voilier et nous devions avoir au moins 20-30 degrés de gîte.  Je sens que je garde contrôle dans les directives mais tout se déroule tellement vite que j’ai l’impression d’agir trop tard.  Je demande à Pierre d’organiser le sac de survie et de s’occuper de la balise au cas ou….  Tout le monde porte harnais et ceinture ainsi que des lampes stroboscope.  Je me prépare au pire si jamais la situation de dégradait.  L’intérieur est sans dessous, tout est sur le plancher ou presque, Pierre y est encore et s’occupe à finaliser le sac en y mettant bouffe, eau,  carte de l’Atlantique et GPS portable.  Tout est prêt.  Le baromètre est descendu de 8 millibars en deux heures.. Pas bon ça.

Les conditions ne s’améliorent pas à l’extérieur ! La pluie est tellement forte qu’elle nous gifle le visage et nous devons nous protéger.  À un moment donné,  Denyse ne contrôle plus la barre et pour l’aider,  je décide de mettre le moteur  de cette façon, elle réussie à replacer le bateau  dos aux vagues car il est impossible d’envoyer de la voile avec le vent que nous avons par l’arrière bâbord.  Au moment de la remplacer, nous tombons dans un trou de vague et sommes projeter dans le fond du cockpit, aucune blessure.  Je reprends la barre et replace le voilier.  Par contre, la contre écoute du génois sort de sa poulie et vient finir dans quoi vous vous imaginer…dans l’arbre d’hélice bien sûr !  Donc plus de moteur et nous renvoyons de la voile.

 Le pire est passé et le vent tombe à 10 kn, nous sommes probablement dans le trou de la tempête.  Le vent vire au nord et repart de plus belle mais cette fois il se maintiendra à près de 30-35 kn.  De la broue quoi !  Je maintiens le bateau dans l’axe et tout se termine vers 03h00 du matin.  Nous pouvons aller dormir jusqu'à 6 heures.  Nous laissons le génois et la barre amarrée et le bateau se maintient tout seul et fait cap vers notre destination.

Note supplémentaire technique de la tempête :

  • Date 06 juillet 2002 vers 23h30

  • Position 38 17'266 Nord  064 11'102 Ouest

  • Pression barométrique à 20h00 1012 et à 23h00 1005 donc environ 2.5 millibars à l’heure

  • Vent du secteur sud Ouest  augmentant jusqu'à 60 nœuds durant 45 minutes avec beaucoup de pluie

  • Une fois l’œil au-dessus de nous, le vent diminue à 10-15 kn puis virant au nord en augmentant jusqu'à 35 kn durant 30 minutes sans pluie

Conclusion possible après vérification de livre météo, nous aurions eu une formation d’une tempête cataclysme de zones tempérées, tous cela pour dire que ça brasser en cl…..! 

Au réveil, c’est le bordel total, tout a volé et atterrit près du lit à Pierre.

Je dois aller plonger sous le bateau  pour aller défaire l’écoute dans l’hélice, il y a un fort clapot et le bateau roule beaucoup, je dois faire attention à son mouvement pour ne pas que le bateau me frappe.  Une fois réussi,  je constate avec horreur que le seal du presse étoupe est brisé et que nous avons une importante fuite au niveau de l’arbre, s’en finira bien jamais !

On essaie de colmater mais en vain on doit pomper l’eau aux 10 minutes.  On repart donc vers 7h00 au moteur en espérant que ça va aller.  Durant la journée, j’essaie différents trucs afin de colmater mais toujours en vain.  J’ai donc mis le pilote automatique et j’installe des quarts de 2 heures de pompage et 4 h de repos.  En fin d’après midi, en désespoir de cause, j’essaie de colmater avec une pâte d’époxy et le résultat et parfait, la fuite est colmatée, on remonte les voiles et c’est reparti.

Au moment où je vous écris, l’ambiance est tout autre de la veille.  Une légère brise de sud ouest de 10-15 kn nous fait filer à 6-7 kn et en prime un super coucher de soleil et nous soupons tous dehors en écoutant de la musique et en se remémorant la nuit d’hier.

Conclusion de groupe, je crois tous en sont sortis plus sûr et sauront faire face à ce genre de mauvais temps.  Les lacunes qui en ressortent serviront pour la prochaine fois.  Voilà donc une belle expérience qui finit bien et qui nous aura permis d’acquérir de nouvelles connaissances et d’être encore plus alerte pour la prochaine fois.

Jour 05 140 mn.  Le Gulf Stream est derrière nous !
Deux bonne nouvelles ce matin, nous avons passée le fameux Gulf Stream avec un vent favorable et nous sommes dans les eaux Canadiennes.  La nuit a été récupératrice pour tous.  Nous y avons pu dormir 4 heures en lignes sans trop être dérangé par l’état de la mer. 

Nous sommes dans un système de haute pression avec un beau ciel bleu et un vent du nord-ouest de 10 kn.  La journée se passe à merveille, seul ombre au tableau est que Pierre en faisant un manque à virer,  manquant de vitesse,  je lui demande de faire tourner le voilier par vent arrière mais je ne pense plus à la ligne de pêche qui traîne derrière le voilier et le résultat est … vous le connaissez !.  Je dois aller replonger sous le bateau pour aller défaire le tout.  Ah oui, il y a eu aussi la courroie de l’alternateur qui a lâchée. 

Ce soir Robert nous a fait un délicieux spaghetti à la sauce aux palourdes et accompagné d’un bon cru.  Très belle ambiance dans le cockpit avec encore un beau coucher de soleil, une bonne bouffe, de la belle musique et encore plein de belle aventure à se raconter à tour de rôle.  J’aime bien cette fin de journée où on se réunie tous dans le cockpit.

Il ne reste que 200 mn pour Halifax, nous devrions y être pour mercredi dans la journée, si bien sûr le vent ne nous lâche pas !

Jour 06 
La nuit dernière aura été à mon avis une des plus belles.  Un vent du sud-ouest de 15-20 kn est resté constant et nous a permit de bien avancer avec une moyenne de 7 kn.  Le bateau se comportait très bien avec 1 ris, génois plein et la trinquette.  Au lever ce matin, il ne restait  que 125 mn pour Halifax.

Aujourd’hui rien de particulier sauf si ce n’est qu’un gros vilain poisson est parti avec 1000’ de fil à pêche et mon leurre. Je n’ai pu rien faire,  il était probablement trop gros pour le calibre de ma ligne, il a donc tout défilé même si ma clutch était à son maximum, il réussissait à la faire dérouler.  Une fois rendu au bout de ma ligne, le tout a brisé.  Dommage,  nous aurions bien aimé manger un dernier poisson avant d’arriver.

Finalement, si je fais le calcul du seul thon que l’on a réussi à remonter à bord, ça commence à faire cher la livre !  Cela doit faire partie de l’apprentissage de la pêche en haute mer.

C’est donc notre dernière nuit en mer et nous savourons chaque instant.  Depuis que l’on a passé le Gulf Stream, la température a chuté de plusieurs degrés.  Nous devons portés dans la journée des vêtements plus chauds et la nuit les manteaux et gants sont de rigueur.  Je ne m’en plains pas avec toute la chaleur que l’on a eue dans les dernières semaines.

Jour 07 Halifax here we go
Nous y sommes et on le l’a pas volé !  Arrivée Halifax le 10 juillet 2002 à 13h00

Je vous écris d’une marina d’Halifax d’où l’on a été remorqué par la Coast Guard de Sambro à cause que le moteur ne fonctionne plus et que le vent est tombé complètement avec en prime un épais brouillard.  Nous avons été remorquées sur une distance de 28 mn .

Bateau qui nous a remorqués dans le brouillard

Nous avons peine à réaliser que nous sommes arrivés avec tous les petits trucs que nous avons eus.

Le service de la Coast Guard est impeccable, il nous a même trouvé et appelé. Un mécanicien Volvo qui est venu nous voir une heure après être arrivés.  C’est ce que j’appelle du service ! Le tout devrait être réparé vendredi, je dois démonter le « heat exchanger », on a va changer la « fresh water  pump » ainsi que le « seal du shaft ».  Je suis chanceux, nous devrions aller accoster avec Doris et les enfants dans le vieux port d’Halifax.

Après le mécanicien, ce fut le tour de la douane de venir fouiller le bateau et de faire les douanes de tous ainsi que l’importation du voilier.  Trois bonnes femmes qui se prenaient un peu trop au sérieux ont vraiment fouillé partout pour trouver,  je ne sais quoi ! 

J’ai bien ris quand une des douanières inspectait la chambre de bain et a ouvert le sac dans lesquelles nous mettions nos papiers de toilettes usés, elle a sortie rapidement et a changé de gants.  Après elle a presque arrêté de fouiller.

Après les douanes terminées, nous sommes enfin libres à nous-mêmes.  De ma part, je m’active à faire du ménage et arranger des trucs pour le prochain équipage qui arrive dans deux jours.

Voilà qui tout finit bien !.  Je crois que le groupe a apprécié le convoyage et a acquérit d’autres expériences de mer et sauront les mettre en pratique dans le futur.  De ma part, ce fût un très beau stage de voile avec plein d’anecdotes à raconter.

Distance totale = 1950 mn en 30 jours incluant des arrêts techniques.

Merci  !
L’équipe de Ukulu
Robert, Pierre, Denyse et Guy


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